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FOCUS SUR LA SOLOCEANE / INTERVIEW DE YVAN GRIBOVAL
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Denis Babille   
Jeudi 26 Novembre 2009

La SolOceane, compétition de voile autour du monde en solitaire et armes égales est aussi une campagne scientifique océanique. Une vraie valeur ajoutée utile et écologique. Interview de Yvan Griboval, président

 

Photo Jean-Michel Liot - Sailingone

La SolOcéane est la première compétition de voile autour du monde en solitaire à armes égales. Marins et annonceurs navigueront sur des monocoques monotypes océaniques aux budgets maîtrisés : les monotypes SolOceans. Elle se courra tous les deux ans autour de la planète, dans le sens traditionnel ouest - est, autour des trois caps mythiques : Bonne-Espérance, Leeuwin et Horn, avec escale d'un mois environ en Nouvelle-Zélande.

Le Monotype SolOceans est un véritable navire acientifique produit en série. Il répond aux normes définies en novembre 2006 par quelques uns des plus éminents chercheurs impliqués dans l'estimation du changement climatique au sein des établissements français : IFREMER / INSU-CNRS / METEO-FRANCE, rejoints par les Allemands de IFM-GEOMAR et bientôt METSERVICE en Nouvelle-Zélande.

Liz Wardley* prendra le départ samedi 28 novembre 2009 du Tour du Monde de Référence de la SolOcéane - Campagne OceanoScientific® 2009-2010, en solitaire à bord d'un Monotype SolOceans, un voilier high-tech de 16 mètres (52,5 pieds) tout en carbone construit en série par JMV Industries à Cherbourg. Liz Wardley effectuera un parcours côtier le long des rivages du Calvados : Ouistreham, Cabourg, Dives-sur-Mer, Deauville. Puis elle mettra le cap sur Wellington, la capitale de la Nouvelle-Zélande, qu'elle doit atteindre au terme d'environ 50 à 55 jours de navigation en solo contre la montre. La seconde étape bouclera le tour du monde, de Wellington  à Cherbourg, en passant par le Cap Horn, à nouveau au gré de 50 à 55 jours de navigation.

 

Cette interview a été réalisée en décembre 2008.

Sportsandmarks : Yvan Griboval, vous êtes le concepteur de la course voile SolOcéane. Vous pouvez nous en parler...

Yvan Griboval : La SolOcéane est une épreuve de voile autour du monde se courant sur des bateaux identiques pour les concurrents. Des monotypes Veolia Oceans® de 16 mètres. Une course à égalité de chances qui se fera sur la distance Caen-Wellington-Cherbourg. La première épreuve aura lieu entre octobre 2009 et mars 2010 puis une épreuve tous les deux ans.

Sa particularité est qu'elle intègre un programme scientifique en plus de sa partie sportive. On travaille ainsi depuis 2006 sur la Campagne OceanoScientific Veolia®. Ce programme a pour but de fournir aux chercheurs des informations sur différents domaines qui permettront de travailler sur les changements climatiques. Elle permettra de recueillir des mesures à l’interface Océan / Atmosphère. Ainsi les monotypes Veolia Oceans® vont collecter des mesures de pression, de vent (force et direction) et de température - humidité de l’air. Dans l’eau, ce seront des informations scientifiques de température, de salinité et de pression partielle en CO2. Nous travaillons notamment avec l'IREMER, l'INSU, le CNRS ou Météo France et nous allons pouvoir donner des informations de calibration pour le satellite SMOS** dont le lancement est prévu en 2009. Le satellite ne donnera d'informations fiables qu'avec des relevés In Situ. C'est une grande première pour une course à la voile et il n'y a pas d'équivalent aujourd'hui.

S&M : Comment se gère la communication d'un tel événement ?

Y.G : On va concrètement baser notre communication en 2009/10 sur la partie scientifique. Nous ne l'avons pas encore fait jusqu'à présent alors que nous communiquions sur la partie sportive. Il est important de le faire car la zone de course que nous allons couvrir est le poumon de la planète. Les chercheurs seront embarqués et le skipper, lui, ne s'occupera que de sa course.

S&M : Communiquer sur la partie scientifique n'est-il pas une conséquence de la crise actuelle ?

Y.G : Bien évidemment, il sera plus facile de se concentrer sur la Campagne OceanoScientific Veolia®. La crise touche les sponsors et très clairement le sponsoring voile  En fin 2008, nous avons souffert de la crise et de ses conséquances sur le sponsring. Nos partenaires, prêts à s'engager avec nous, ont un temps reculé. Aujourd'hui, les budgets sont difficilement bouclables même pour des courses bien installées. Du coup, de notre côté, on appuie sur l'accélérateur scientifique.

S&M : Cette double identité ne va-t-elle pas ouvrir la voie à de nouveaux sponsors alors qu'aujourd'hui les problématiques environnementales sont au coeur des préoccupations ?

Y.G : Je le confirme sans hésiter. Il y a des marques que vous ne voyez jamais dans l'univers du sport et qui vont apparaître. ça peut être le cas par exemple d'une marque comme l'Oréal que l'on voit aux côtés de Maud Fontenoy.

S&M : Qu'est-ce qui fait qu'un sponsor s'engagera plutôt sur la SolOcéane que sur une autre course ?

Y.G : Deux éléments majeurs : d'une part les coûts et d'autre part l'exposition médias. Pour les coûts, sur un engagement de 4 ans, 380K€ à 540K€ sont nécessaires alors qu'il en coûtera 250K€ pour la catégorie inférieure Figaro Bénéteau et 800K€ à 1500K€ pour une course sur catégorie Imoca par exemple. On se situe donc bien entre les deux catégories et proposons une course en tour du monde pour un coût abordable. Concrètement, en multipliant par 2,5 le coût d'une "Figaro", vous passez au tour du monde. La catégorie monotype Veolia Oceans® est une nouvelle marche hiérarchique entre une catégorie transatlantique ou de programmes côtiers et la pratique de course autour du monde. La monotypie permet la maîtrise des coûts, comme le démontre chaque saison avec plus d’efficacité la Classe Figaro Bénéteau. C’est une philosophie que notre fédération encourage, car elle permet non seulement à des jeunes coureurs de bâtir leur carrière sportive, mais également à des entreprises de s’engager dans notre sport avec une réelle visibilité budgétaire. En ces temps de crise économique, cet atout prend encore plus de signification. Plus les catégories Figaro ou Transat 6.50 sont fortes, mieux on se porte et plus le Vendée Globe se porte bien, plus cela attire du monde vers nous.
Et puis nous garantissons une visibilité médias importante pour nos engagés. Plus de 40 heures de programmes sont déjà conclus avec Eurosport** *via Sport Events, dans 59 pays et en 20 langues, sans compter le reste à venir. On prendra le parti de raconter des histoires. C'est un sport d'émotion et une course autour du monde, c'est une histoire à raconter aux gens. Nous ne voulons pas seulement faire un état des lieux de la course.

S&M : Le succès de la course dépendra aussi du nombre de participants. Or, il y a aujourd'hui peu d'engagés... ce qui nous ramène à la crise.

Y.G : Il faut relativiser. Nous nous sommes fixés à terme un nombre maximum de 12 participants. Chacun aura ainsi une belle exposition média. Vous allez voir tous les 2 ans une étape d'une cinquantaine de jours, ce qui est beaucoup ! Qu'il y ait moins de monde pour la première n'est pas grave, cela augmentera au fil des étapes. Nous nous devons aussi de garantir la sécurité des engagés et puis trop de important de participants nuit à la visibilité. Aujourd'hui, les bateaux qui ne sont pas dans les 3 premiers du Vendée Globe ne sont pas beaucoup médiatisés.

 

* Liz Wardley est née il y a vingt-neuf ans en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Etablie en Bretagne depuis cinq ans, Liz Wardley est connue en France pour sa participation à des compétitions dans les classes Mini 6,50 et, surtout, Figaro Bénéteau sous les couleurs de Sojasun, son fidèle partenaire français. Or, c’est surtout sur la scène internationale que Liz Wardley a forgé sa réputation de coureur océanique, en tant qu’équipière d’avant sur Amer Sports Too durant la Volvo Ocean Race 2001-2002, la course autour du monde en équipage et, auparavant, en remportant la célèbre Sydney - Hobart Race, en 1999. En 1996 elle avait terminé cinquième des championnats du monde de catamaran Hobie Cat, puis troisième en 1997 et deuxième en 1998. Liz Wardley est un marin complet. Capable de construire de ses mains un prototype Mini 6,50 - ce qu’elle fit en Nouvelle-Zélande en 2002 - Liz Wardley sait tout faire sur un bateau de course océanique et son tempérament la prédestine à la navigation en solitaire. Sa contribution à la mise au point du monotype SolOceans a été réellement appréciée.

** Menée par l’ESA en collaboration avec la France et l’Espagne, la mission Smos s'est envolée le 2 novembre 2009. Installé sur la plateforme Protéus, ce satellite d’une sensibilité inégalée effectue la première cartographie à l’échelle planétaire de l’humidité des sols et de la salinité des océans. La mission est soutenue par une large communauté scientifique internationale. L’enjeu est de taille : améliorer la compréhension de notre environnement terrestre et de son évolution. La connaissance de la salinité des océans et de son évolution permettra d’identifier et de suivre les courants marins qui jouent, à l’instar du Gulf Stream, un rôle primordial dans les changements climatiques. Elle permettra également d’évaluer le rôle des océans dans le cycle du carbone. L’analyse des interactions entre l’humidité des sols et l’évolution du couvert végétal via les phénomènes d’évaporation et d’infiltration complétera ces données, enrichissant ainsi les études actuelles sur le processus de photosynthèse.

*** SailingOne fait partie du Groupe Eurosport

 

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Le chiffre

81C'est le pourcentage de joueurs venant du Real et du Barça dans le 11 de départ espagnol contre la Suisse

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