| LA FFF PECHE DANS SA COMMUNICATION |
| Opinion - Rebonds |
| Olivier Dunil |
| Vendredi 20 Novembre 2009 |
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Trois constats s'imposent Le premier d'entre eux se fait sur l'action elle-même. En analysant froidement la situation, on s'aperçoit que l'action de jeu va très vite. Les médias télévisés passent à tour de manivelle et en abusant des ralentis ce double-contact de la main d'Henry pour redresser le ballon. Ce procédé vise-t-il à démontrer que le joueur a bien touché le ballon de la main ? Bien sûr que non. On l'a su tout de suite. D'abord c'est LE TRUC qui fait vendre cette semaine, premier point. Deuxième point, il permet tout simplement au téléspectateur de légitimement penser que le joueur a eu tout son temps pour réfléchir à la situation. La vérité est que Henry était conscient qu'il touchait le ballon de la main mais que dans le feu de l'action, il n'a pas eu le temps d'y penser... C'est un réflexe. Le problème est-il là ? Non. Le deuxième constat est qu'il y a une pression considérable sur les joueurs. Ce ne sont pas des joueurs du dimanche et croyez-moi, ceux-ci ne sont pas en reste question tricherie. Si vous avez lu l'article sur la hausse des tarifs de la FFF, vous comprendrez qu'il y a des enjeux énormes derrière une qualificaton de la France en Coupe du monde. Il ne faudrait pas croire que les joueurs sont épargnés par cette réalité. Ils ne vivent pas au pays des bisounours. Chacun sait que derrière cette main, il y a des mois voire des années de préparation et le joueur devrait aller voir l'arbitre et lui dire la vérité ? "Oui, j'ai mis la main. Oui, donnez-moi un carton jaune. Oui, l'équipe n'est pas encore qualifiée. Oui, nous risquons de passer à la trappe". Les avis seront partagés...légitimement de surcroît. Encore une fois, en analysant froidement la situation, la pression est très (trop ?) importante sur les épaules d'un seul joueur pour assumer un tel geste. Finalement Henry n'est que le maillon et son geste la conséquence d'un système parsemé de failles réglementaires bien trop lourdes pour qu'il soit désigné comme le coupable. C'est le cas actuellement. Et après, si Henry avait avoué sur le coup ? Le cas ne se reproduira-t-il pas ? Bien sûr que si, il est fréquent. Sans doute pas avec ces conséquences là mais c'est fréquent. Je ne m'aventurerai pas à lyncher l'arbitre qui travaille avec les moyens qu'on lui donne. Il n'a manifestement pas vu la faute et a agi en son âme et conscience, sur le coup. La banalité me poussera à dire que la FIFA ne met pas les moyens qu'il faut pour que ce genre de polémique ne se produise pas. Avec la vidéo, le problème est réglé. Les joueurs irlandais courent vers l'arbitre en faisant le geste de la main. L'arbitre fait appel à la vidéo, constate la main et refuse le but. Pas de contestation possible, pas de polémique, pas de lynchage de part et d'autre. Que le meilleur gagne. Et la FIFA ne le fait pas au nom du ralentissement du jeu ? La FIFA préfère que l'Irlande soit volée au mépris du travail entrepris plutôt que de ralentir le jeu quelques secondes ? Il l'a été de toutes façons. Le troisième constat est que le fair-play existe... chez les suporters. La polémique actuelle et les nombreux témoignages sur le scandale que la situation suppose montrent que les supporters sont sensibles aux lois du jeu, au fair-play et aux valeurs du sport. En fait c'est bien dans le décalage de ces supporters et des réactions d'après-match que le réel problème existe. L'analyse froide de la situation me poussera à dire que la France a acquis un statut en 1998 qui ne l'autorise non seulement plus à perdre mais qui l'oblige à jouer avec style pour être aimée. Elle est en ce sens quasiment rendue au même point que le Brésil ou l'Argentine. La situation montre aussi que la fin ne jusifie pas non plus les moyens. Dure réalité. Le geste d'Henry et tout ce qui a suivi est une dérive du football actuel. Le décalae réside dans la vision financière et passionnée du côté sportif et la vision passionnée tout court du côté supporter. On en arrive au vrai scandale. La FFF n'a pas réglé ses problèmes de communication. Plusieurs constats s'imposent. Il n'y a pas eu de travail de fond engagé sur la communication. La langue de bois n'a jamais été une solution, la négation d'une réalité non plus. Il semble incroyable qu'à notre époque, aucun coaching n'ait été engagé pour que les joueurs et le staff s'expriment et engagent un vrai dialogue avec les supporters. J'ai lu dernièrement que le directeur financier de la FFF ne croyait pas au désamour des supporters pour l'équipe de France car ils étaient au rendez-vous lors des matchs. C'est incroyable de comparer les chiffres d'une billetterie et l'amour que l'on porte à l'équipe de France et même au football de façon générale comme l'a si bien dit Bixente Lizarazu. C'est une erreur fréquante en communication. C'est incroyable de s'engager dans une politique de l'autruche à ce point. Il ya un réel amour du mailtot bleu du côté des supporters et il y a aussi un amour du jeu. L'équipe de France ne correspond pas à ce que veulent les supporters. Ces derniers réclament que l'ensemble du staff soit digne de porter ce maillot et soit digne du soutien de ces millions de fans. Ce n'est pas le cas et c'est un problème de communication. La communication n'est pas simplement une palette d'outils qui sert à dire "ouais, on va faire une conférence de presse ou on va faire de la langue de bois quand ce sera nécessaire". Un constat simple et froid nous montre bien que le récepteur, invisible, lors des "confrontations" avec la presse est totalement ignoré. On voit bien que le jeu qu'a entamé Domenech avec la presse ne prend pas en compte le supporter qui doit être celui à qui on s'adresse. Le journaliste est un intermédiaire, heureusement encore utile mais qui doit cravacher pour pouvoir faire son travail avec ce staff. La FFF n'a jamais entamé de dialogue avec ses supporters. Au mieux, elle ne comprend pas que des supporters soient mécontents. Les réactions daprès-match sont le symbole d'un travail engagé à l'emporte-pièce. Pas une parole envers les irlandais, de fausses excuses après-coup, l'envie irrémédiable de se raccrocher à une qualification raccroc justement comme si la qualification était l'équivalent de la Coupe du monde elle-même, l'absence de modération quant aux réactions de joie, aux déclarations politiques maladroites, l'arrogance affichée face à des adversaires qu'il aurait fallu respecter. La vision extérieure que l'on a de la situation est que les irlandais sont beaucoup plus dignes dans la défaite que les français ne le sont dans la victoire. Le dernier constat est qu'il devient utile d'entamer une analyse, un diagnostic de communication et d'arrêter d'être arrogant en matière de relations publiques. Il devient nécessaire de prendre en compte ce que représente le football dans le monde et la place qua l'équipe de France. Il devient nécessaire de prendre en compte l'ensemble d'un environnement et de déterminer le rôle, la place et l'influence des acteurs qui font ou qui entourent cette équipe : les joueurs, le staff ,les supporters, les journalistes, les sponsors, les médias au niveau économique, etc. Il devient nécessaire de faire une analyse sur l'ensemble des enjeux qui entourent cette équipe, qu'elle soit de nature économique, passionnelle ou autre. Le désamour, ce n'est pas du vent, quelque chose d'impalpable qui ne rapporte rien. Il devient nécessaire d'avoir une réelle approche de communication pour coacher les acteurs qui vont devoir s'adresser aux supporters et aux journalistes. Il devient nécessaire de se demander à quoi servent les actions engagées ici ou là. A quoi sert de rentrer main dans la main sur le terrain avec des enfants quand une telle polémique est susceptible d'éclater par la suite. Vous ne voyez pas le rapport ? Dommage. Il devient nécessaire de mettre en place des indicateurs de communication et notamment de communication de crise afin de pallier aux manques et surtout d'éviter de telles envolées. Il devient nécessaire d'engager une réelle réflexion sur la nature du diologue qu'il est utile d'avoir avec les acteurs. Il est nécessaire de sortir de la tour d'Ivoire et de penser qu'on est les rois du monde. Il est nécessaire d'engager une vraie stratégie de communication et d'arrêter de panser les plaies... inexorablement. |











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